Bonjour à tous et à toutes,
Je vous joint-ci un texte concernant et expliquant la luminothérapie. Je reste à votre entière disposition pour plus d'info.
MF, psychologue Anxiétas
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TRAITEMENT DES TROUBLES AFFECTIFS SAISONNIERS
PAR LA LUMIERE
P.BOVET
Le syndrome des troubles affectifs saisonniers (Seasonal Affective Disorders, SAD) présente les caractéristiques suivantes: les patients présentent en automne, de façon régulière, une symptomatologie dépressive, qui disparaît au printemps pour laisser place à une humeur normale, voire à une légère hypomanie; classiquement, cette symptomatologie apparaît pour la première fois dans la deuxième ou la troisième décennie de vie (mais on connaît quelques cas d'enfants présentant le syndrome);
- les femmes sont touchées quatre fois plus souvent que les hommes;
- les cas de troubles affectifs dans la parenté sont fréquents;
La symptomatologie dépressive n’est en général pas très marquée, raison pour laquelle ces patients ne consultent que rarement les psychiatres et sont plus fréquemment vus par des généralistes. Cette symptomatologie présente quelques caractéristiques qui la distinguent des troubles dépressifs «classiques»; les patients se plaignent plutôt d'une hypersomnie sans pour autant que ce sommeil soit réparateur; ils se sentent fatigués;
- ils présentent fréquemment une prise de poids et une fringale pour les hydrates de carbone.
Traitement par la lumière: généralités
Sur la base d'hypothèses issues des connaissances en chronobiologie, impliquant notamment la mélatonine (hormone épiphysaire jouant un rôle important dans la régulation de nos horloges biologiques) et l'influence qu'exerce la lumière sur sa sécrétion, divers groupes de chercheurs ont essayé de traiter ce syndrome par l'administration de lumière.
A l'heure actuelle, nul ne sait avec précision comment la lumière agit, ni si les mécanismes chronobiologiques jouent un rôle aussi important qu'on le supposait au début. On a cependant de bonnes raisons de croire que la lumière est efficace dans le traitement du syndrome, même si on ne peut que difficilement évaluer la part de l'effet « placebo» dans ces résultats.
Il faut remarquer que ce qui semble efficace, c'est la lumière blanche, et non pas une longueur d'onde particulière (notamment pas les ultraviolets).
Conduite du traitement
On appliquera le traitement à la lumière le plus tôt possible après l'apparition de la symptomatologie dépressive en automne. Le patient sera placé 1/2hà une heure par jour devant une lampe produisant une intensité de 10'000 lux, avec un spectre complet (il s'agit à peu près de la luminosité que l'on a, placé à sa fenêtre par une belle journée de printemps...); on utilise en général une batterie de 6 à 10 tubes fluorescents spéciaux de façon à atteindre la luminosité requise sans que le patient soit ébloui. Il semble que le moment de la journée durant lequel on applique le traitement n'ait pas d'influence sur son efficacité, bien que certaines hypothèses théoriques laissent entendre qu'une exposition le matin tôt ou le soir soit préférable.
Pratiquement, le patient s'installera, chez lui p. ex. à un mètre environ de la lampe, qui doit être à hauteur des yeux, sans verres de contact (et sans lunettes noires...); il pourra lire, converser, jouer aux cartes, etc. Il n'y a pas besoin que le sujet regarde constamment la lumière, mais il faut qu'il soit exposé, et qu'il regarde directement environ 2 à 3 secondes par minute. Si le patient doit porter des lunettes pour lire p. ex., il les enlèvera chaque fois qu'il regardera la lumière. Il vaut mieux que la lumière soit administrée en un seul épisode, mais un fractionnement est envisageable si les horaires du patient l'exigent.
L’effet se fait sentir en général après 4 à 5 jours; il persiste 2 à 3 jours. En principe une « cure» dure 15 jours. Elle pourra être éventuellement répétée après quelques semaines.
Deux effets secondaires peuvent se produire:
- Une conjonctivite, dont l'importance dictera le choix de poursuivre le traitement ou non; cette conjonctivite régresse spontanément à l'arrêt de la lumière;
- Il y a eu quelques cas de virages maniformes sous lumière; un tel virage exige l'arrêt immédiat de la lumière et la mise en route de traitements classiques.
On prendra garde à l'effet photosensibilisateur des médicaments suivants: Imipramine, Chlorpromazine, Thioridazine, Propanolol, Chloroquine, Lithium, Fluoxetine.
